Les acteurs clés

EEE

> Les plus grands constructeurs mondiaux de drones dans le domaine civil

PARROT 

drone parrotChiffre d’affaires 2016 : 233,2 M€

Effectif : 1 048 salariés

PARROT est le leader Français spécialisé dans les drones aériens de loisirs. Fondé en 1994, l’entreprise propose des produits de haute technologie, des drones civils à l’usage du grand public et à usages professionnels.

Soumis à la concurrence importante des acteurs chinois comme DJI dans le domaine du loisir, PARROT a dernièrement connu d’importantes difficultés et a décidé depuis les 2 dernières années d’investir plus spécialement dans les applications professionnelles. Pour ce faire, l’entreprise a racheté le spécialiste du drone agricole AirInnov en 2015, et lancé en 2016 une nouvelle division nommée Air Support, spécialisée dans la capture et le traitement de données numérisées pour l’industrie du bâtiment.

Au deuxième trimestre 2017, l’ensemble de l’activité drones professionnels de PARROT a généré 11,7 millions d’euros de chiffres d’affaires (33% du CA du groupe), soit une hausse de 42% par rapport à la période précédente. Comme l’affirme l’entreprise, cette filiale professionnelle a pour vocation d’aider les utilisateurs de drones professionnels à gagner en productivité :

Pour gagner en efficacité opérationnelle et réduire vos coûts.

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DJI DJI-MAVIC-Pro9

Effectif : +6 000 salariés dans le monde

Fondée en 2006, Dà-Jiang Innovations est le leader mondial de la fabrication et la commercialisation des drones de loisir.

Inspirée des produits Apple, sa stratégie marketing repose sur une conception de produits sobres et élégants, à la pointe des technologies, un packaging épuré et des campagnes de communication impactantes et ciblées (principalement aux Etats-Unis et en Asie) présentant leurs toutes dernières innovations.

Un de ses modèles phares, le MAVIC Pro, a révolutionné le marché des drones de loisirs et a été élu « Meilleur drone de l’année 2017 », grâce à ses nombreuses caractéristiques techniques hors du commun : caméra, modes de vol, capacité à détecter facilement et efficacement les obstacles, résistance… ce petit bijou de technologie ultra compact pourrait bien démocratiser la caméra volante et permettre au plus grand nombre de voir le monde différemment en capturant nos plus beaux moments vus du ciel.

Avec une R&D importante et son premier milliard de bénéfices en vue, DJI fait partie de ces sociétés qui changent radicalement l’économie chinoise et transforment des villes comme Shenzhen en nouvelle Sillicon-Valley.

Tout comme son concurrent PARROT, DJI s’est fortement tourné vers le marché des drones à usages professionnels et multiplie depuis quelques années les applications industrielles. La marque s’est donc spécialisée à la fois dans la gamme loisirs grand public, incarnée notamment par les Spark et DJI Mavic Pro et dans les drones de niveau professionnel. Aujourd’hui, DJI détient 70% du marché mondial des drones civils.

Aujourd’hui, les produits DJI redéfinissent les industries. Les professionnels du cinéma, les agriculteurs, les responsables du patrimoine, les sauveteurs et les entreprises des secteurs de l’infrastructure énergétique font confiance à DJI pour leur apporter de nouvelles perspectives de travail et les aider à gagner en efficacité, vitesse et sécurité, comme jamais auparavant.

Les nouveaux entrants

Aux côtés de ces entreprises leader, on voit arriver sur le marché de plus en plus de petites sociétés qui, comme PARROT ou DJI, conçoivent et construisent ces aéronefs sans pilote. En France, c’est environ 20 entreprises spécialisées dans la conception de drones professionnels qui ont vu le jour en 2012. Parmi elles, la firme Toulousaine Delair Tech, devenue en à peine 7 ans d’existence, le « nouveau phénomène français du drone ». En 2016, soit 4 ans après sa création, Delair Tech réalisait pas moins de 7 millions de dollars de chiffres d’affaires (trois fois plus qu’en 2015). Aujourd’hui, le géant toulousain dispose de bureaux commerciaux à Singapour et en Australie, compte parmi ses clients la SNCF ou les compagnies pétrolières et ne dévoile plus son volume d’activité, jugé stratégique sur le marché désormais très concurrentiel du drone professionnel. En 2019, comme nous l’apprend Vincent Lamigeon, journaliste à Challenges, son fondateur et PDG Michaël de Lagarde aura encore une priorité : « continuer d’accélérer « 

> Les prescripteurs 

La Fédération Professionnelle du Drone Civil

Créée en 2013, la Fédération Professionnelle du Drone Civil (FPDC) a pour but de faire la promotion des drones civils au niveau national et international. Elle est un interlocuteur clé pour les acteurs du drone civil en France de par ses liens avec les ministères, la DGAC (Direction Générale de l’Aviation Civile), les industriels comme la société ENGIE ou Safran et des sociétés de production de l’audiovisuel. Son principal rôle consiste à faciliter les échanges entre les différents acteurs du marché afin d’accélérer l’adoption du drone et la croissance dans ce secteur d’activité.

Le conseil pour les drones

Instance publique-privée créée en 2015 à l’initiative de la Direction Générale de l’Aviation Civile, cette administration est rattachée au ministère de la transition écologique et solidaire.

Depuis quelques années, la réglementation de l’usage des drones et l’engouement pour ces derniers par les professionnels pose problème. Le but de ce conseil est donc d’organiser et d’entretenir le dialogue entre tous ses membres. Il vise également à développer le marché du drone civil tant au niveau national qu’à l’export, proposant ainsi des solutions aux blocages concernant l’exploitation des drones.

CDC-Mission

Les clusters et pôles de compétitivité

AETOS, cluster droneAETOS-2016_grisADI-region-anglesArrondis

Le cluster AETOS fédère un réseau régional de compétences industrielles et technologiques de haut niveau pour le développement et l’exploitation des systèmes de drones dans les marchés civils.

Mis en place en juillet 2010 par une initiative commune soutenue à la fois par Thales et par le Conseil régional d’Aquitaine, cluster AETOS vise à développer le secteur des services et systèmes de drones en Aquitaine en favorisant une coopération entre les acteurs du drone (constructeurs, opérateurs, laboratoires) et les universités. Ce cluster est composé de :

  • 4 acteurs entreprises majeures, au plan civil ou militaire (Thales, Dassault, EADS et Safran)
  • Des PME innovantes
  • Des universités et laboratoires : IMS, Labri, INRIA, ESTIA, Institut de Cognitique, ADEIS (3400 chercheurs)

L’Université de Bordeaux offre une unité d’enseignement intitulée « Systèmes Autonomes Communicants ». On y aborde les problématiques spécifiques de ces systèmes autonomes sous l’angle essentiellement informatique.

> Les opérateurs

Si le marché du drone civil prend pleinement son envol aujourd’hui, c’est en grande partie grâce aux industriels, constructeurs et opérateurs, qui ont très vite cru en son potentiel et ont investit massivement le secteur. Ainsi, en France en 2016, la Direction Générale de l’Aviation Civile (DGAC) a annoncé la création de quelques 400 entreprises dans le domaine. Aux Etats-Unis, des géants de l’industrie comme Amazon ou Caterpillar ont décidé de placer le drone au centre de leur démarche de recherche de productivité. En s’associant avec des constructeurs, ils sont devenus dès lors des accélérateurs du développement des drones civils.

caterpillar drone

La société Caterpillar s’est associée à la star-up américaine Airware qui construit des drones spécialement pour les entreprises, dans le but d’améliorer la productivité des chantiers et la sécurité de des employés.

Comme le déclare Jonathan Downey, fondateur et PDG d’Airware :

Les drones civils deviennent désormais une technologie incontournable pour les entreprises de construction, les mines et les carrières qui cherchent à maximiser leur productivité globale tout en réduisant leurs coûts.

L‘IOT (nternet of things) est de plus en plus présente dans la production et la vie des industriels, et Selon IDC, les dépenses IoT dans le monde atteindront 745 milliards de dollars en 2019. Les drones, étant un des marché bouleversé par l’IOT ne peut que suivre cette tendance croissante. Toujours selon l’IDC, le  (Compound Annual Growth Rate) CGAR des dépenses liées aux drones est estimés à 32% entre 2017 et 2022.

> Dans le domaine militaire

Le marché des drones civils et le marché des drones militaires sont très différents car ils ne sont pas régis par les mêmes règles. Contrairement au marché civil, où les acheteurs sont majoritairement des particuliers ou des entreprises privées, sur le marché des drones militaires, les acheteurs sont des Etats. La plupart des constructeurs sont des grandes entreprises d’armements, en général assez anciennes, qui proposent des produits civils ou militaires très diversifiés tournés vers les technologies de pointe. L’importance des coûts de production et des coûts de Recherche et Développement limite l’entrée de nouveaux fabricants sur le marché. C’est pourquoi, il n’est pas apparu de nouvelles entreprises sur le marché de l’armement lors des premières commercialisations des drones militaires. De plus, les liens entre les entreprises d’armement et les états sont en général très forts pour des raisons stratégiques. En effet, la vente d’armes à un autre pays s’inscrit au sein d’une politique économique, diplomatique et d’alliances internationales.

Les principales entreprises proposant des drones militaires sont :

Northrop Grumman est une entreprise américaine de défense fondée en 1994 à partir de la fusion de deux entreprises préexistantes. Elle est spécialisée dans l’aéronautique civile et militaire, l’espace et l’électronique. En 2017, selon le classement de SIPRI (Stockholm International Peace Research Institute), Northrop Grumman se plaçait au 4ème rang mondial des entreprises d’armement, ayant vendu pour plus de 22 milliards de dollars d’armes. Ce groupe créa en 1998, à la suite de la demande de l’US Air Force, le drone RQ-4 Global Hawk, l’un des seuls représentants de la catégorie des drones HALE.


General Atomics Areonautical Systems (groupe General Atomics) est une importante filiale, créée en 1993, du groupe américain General Atomics et spécialisée dans la fabrication de drones, de radars et de systèmes d’électro-optique. GA-ASI est l’un des seuls fabricants proposant une aussi importante gamme de drones. Les plus connus sont les drones MALE MQ-1 Predator et MQ-9 Reaper, très utilisés aux Etats-Unis et en Europe. En 2017, selon le classement SIPRI, General Atomics se plaçait au 44ème rang des industries d’armement avec un volume de vente d’armes s’élevant à plus de deux milliards de dollars.



Israël Aerospace Industries (IAI) est un groupe de défense israélien, créée en 1953 et offrant des technologies et des systèmes de pointe dans de nombreux domaines : aérien, spatial, terrestre, naval, cybersécurité et sécurité intérieure. En 2017, selon le classement SIPRI, IAI était à la 41ème place des industries d’armement, avec une vente d’armes s’élevant à presque 2,5 milliards de dollars. IAI est à l’origine de nombreux drones comme le drone MALE Harfang, en association avec EADS, mais aussi le drone MALE Heron. Ce dernier s’est vendu dans de nombreux pays : Canada, Turquie, Inde, Allemagne…



Airbus Defence and Space (groupe Airbus), anciennement EADS, est une division du groupe européen Airbus, créée en 2010 et spécialisée dans l’aéronautique militaire et l’espace. En 2017, le groupe Airbus était au 7ème rang des entreprises d’armement, avec une vente d’armes s’élevant à plus de 11 milliards de dollars. Dans les années 2000, à la suite de la demande de l’Armée de l’air française, ADS a collaboré avec l’Israël Aerospace Industries afin de développer le drone MALE Harfang. ADS a également conçu les drones de contact Tracker, également utilisé, entre autres, par l’armée française.

Safran Electronics & Defense (groupe Safran), anciennement Sagem, est un groupe industriel français opérant dans les domaines de la propulsion et des équipements aéronautiques, de l’espace et de la défense depuis 1925. En 2017, selon le classement de SIPRI, Safran se situait à la 33ème place des entreprises d’armements, ayant vendu pour 3 milliards de dollars d’armes environ. Safran Electronics & Defense est une des nombreuses entités de Safran. Elle est spécialisée dans l’optronique : ensemble des techniques mettant en œuvre des dispositifs électroniques d’émission, de détection et de modulation de lumière ; l’avionique : l’ensemble des équipements techniques à bord d’un avion ; l’électronique et logiciel pour les marchés civils et militaires. Safran Electronics & Defense est à l’origine du drone tactique Sperwer déployé par les forces du Canada, des Pays-Bas et de la France, pour cette-dernière dans le cadre du Système de Drone Tactique Intérimaire (SDTI). Cette industrie a également conçu le drone tactique Patroller, qui remplacera dès 2020 les drones du programme français STDI, au sein du nouveau Système de Drone Tactique (SDT).



Chengdu Aircraft Design Institute (groupe Aviation Industry Corporation of China) est une entreprise de défense chinoise, fondée en 2008, très diversifiée, proposant ses services dans le domaine de l’aviation, du transport, de l’énergie et l’électronique. Faute de données suffisantes, cette entreprise n’est pas présente dans le classement de SIPRI. Elle commercialise un drone MALE, le Wing Loong. Le très bon rapport qualité prix du Wing Loong a permis de nombreuses ventes, notamment dans les pays du Golf, comme les Emirats Arabes Unis et l’Arabie-Saoudite.


China Aerospace Science and Technology Corporation est également un groupe chinois, fondé en 1999, spécialisé dans l’espace et la défense. CASC n’est pas classé dans le top 100 de SIPRI, faute de données suffisantes. Grâce à ses nombreuses entités spécialisées dans de nombreux domaines, CASC a conçu trois séries de drones dont la plus connue est la série CH. Ses drones auraient été vendus dans une trentaine de pays, selon le site officiel du groupe, majoritairement en Asie.

Les drones militaires suscitent un grand intérêt de la part des Etats, qui souhaitent être à la pointe de la technologie. C’est pourquoi, le marché du drone militaire intéresse de plus en plus les grands groupes d’armements, car la demande sur ce marché ne cesse d’augmenter (cf le marché en chiffres). Ces entreprises d’armement bénéficient de filiales spécialisées dans de nombreux domaines, ce qui leur permet de développer la technologie nécessaire pour la fabrication de drones.

En 2015, selon des recherches de la Jane’s, les leaders sur le marché du drone militaire étaient Israël, suivi des Etats-Unis. A eux deux, ils représentaient 71% des exportations. Cependant, face à la politique mise en place sous la présidence Obama en 2015, consistant à limiter stratégiquement les exportations de drones, ainsi que le refus d’Israël d’exporter des drones vers les pays arabes, l’industrie chinoise a pu se développer, grâce à une forte demande des pays du Moyen-Orient. Les entreprises chinoises proposent des appareils de bonne qualité à des prix nettement inférieurs à leurs concurrents. Par exemple, le CH4 de China Aerospace Science and Technology Corporation, possède des capacités comparables à celles du drone américain MQ-9 Reaper, mais coûte seulement 8 milllions de dollars, soit la moitié du prix du drone Reaper. De plus, malgré le retard de l’Europe sur le marché du drone militaire, des projets sont nés afin de replacer dans la course le « vieux continent ». C’est le cas du drone Neuron, actuellement développé par le français Dassault Aviation, en coopération avec l’Italie (Alenia Aermacchi), la Suède (Saab), l’Espagne (Airbus Defence & Space), la Grèce (HAI) et la Suisse (Ruag).