Et Demain ?

> Quel futur pour les drones ?

Au-delà de la perception un peu réductrice du drone vu comme un gadget volant qui égaye nos loisirs et nous permet d’aller faire des photos vues du ciel, 

de l’idée négative d’un engin de guerre déshumanisé, frappant aveuglément et éliminant des cibles humaines à des milliers de kilomètres de là,

ou enfin de l’image peu reluisante du drone effectuant illicitement un survol de nuit de centrales nucléaires ou de palais nationaux en plein centre ville, 

le drone est désormais perçu par et pour de nombreux professionnels comme un objet connecté très précieux dans l’exercice de leur métier. C’est un formidable outil technologique, à même de lutter contre les incendies de forêt, de déclencher des avalanches pour dégager les zones à risque pour les skieurs sans recourir aux pisteurs, de faciliter la livraison de médicaments et vaccins dans des régions reculées ou à risque comme le Rwanda…

En un mot, les drones aujourd’hui sont partout et au service de l’homme !

La technologie est là. La fiction a rattrapé la réalité : le drone, cet engin volant sans pilote, doté de technologies et d’intelligence artificielle (IA), de caméras et de capteurs en tout genre, capable de tout, du meilleur (sauver des vies) comme du pire (éliminer des cibles en passant totalement inaperçu) est en train d’envahir nos vies !

> Et demain ? 

Demain, c’est un monde futuriste qui s’annonce, dans lequel les drones accompliront des choses que l’on peut à peine imaginer aujourd’hui. Les entreprises saisiront massivement l’opportunité des drones. Et selon Statista et le cabinet d’audit PwC (spécialisé en conseil et expertise technique), le marché mondial des drones franchira avant 2022 la barre des 100 milliards de dollars.

Pour expliquer ce chiffre spectaculaire, les 2 cabinets conseils font des pronostics qui peuvent sembler incroyables, mais qu’ils estiment néanmoins réalistes :

  • 2020 Airbus confirme l’inspection par drone de l’ensemble de ses flottes dans le cadre de ses Maintenance Repair Operations.
  • 2021 des drones américains surveillent 24h/24 la frontière avec le Mexique, réalisant ainsi un mur virtuel entre les 2 pays.
  • 2025 un drone de la NASA vole sur la Lune et réalise une cartographie en 3D de la zone autour d’Apollo 11. Doté d’une autonomie de 2 heures de vol, grâce à la faible gravité, il se pose régulièrement pour recharger ses batteries avec des panneaux solaires sur ses ailes.
  • 2027 Le drone – Jet Lilium (avion sans pilote entièrement électrique à décollage vertical capable de transporter 5 personnes sur 300 kilomètres de distance. En un mot : le taxi volant sans pilote du futur) dépasse les 1000 exemplaires vendus et le million de voyages sans accident.
  • 2031 Elon Musk (l’homme à la tête de Tesla et SpaceX) surprend le monde une nouvelle fois avec sa Tesla Bird : une voiture drone biplace. Plus de 2 millions de réservations sont enregistrées.
  • 2040 un porte-conteneurs de CMA CGM (le groupe Français qui compte parmi les leaders mondiaux du transport maritime) sans aucun équipage à bord franchit le canal de Suez, guidé par des drones volants en amont et en aval.
  • 2100 les nano-drones tueurs, conçus sur le modèle du fameux « RoboBee », le drone insecte, pesant moins d’un dixième de gramme et inférieur à la taille d’un centime d’euro sont interdits par l’ONU. USA, Chine et Russie signent un accord, mais refusent de détruire leurs stocks évalués à plusieurs milliers d’exemplaires par pays.
  • 2120 le nombre d’humains transportés par des drones dépasse celui de l’aviation.

Même s’il faut se méfier des exercices de futurologie qui se révèlent rarement exacts a posteriori, cette liste est vertigineuse et montre à quel point les applications liées aux drones dépassent nos rêves (ou nos cauchemars) les plus fous.

Les nouvelles technologies, l’intelligence artificielle (IA) dont sont dotés les drones, se développent à une telle vitesse que les applications des drones de demain n’auront rien à voir avec celles que nous connaissons. Nous sommes loin, très loin, de pouvoir imaginer à quoi l’usage des drones servira dans les 50, 30 ou même 10 prochaines années ! Ni comment cela affectera la société et notre mode de vie.

Mais pour que demain toutes ces incroyables innovations liées aux drones puissent dépasser le stade de prototypes et être déployées à grande échelle, encore faut-il que les instances s’entendent et légifèrent. C’est à cette condition et à celle-là uniquement que, selon nous, la révolution du drone pourra véritablement exister et perdurer.

A ce sujet d’ailleurs, des progrès semblent être déjà réalisés. Aux Etats-Unis par exemple, le gouvernement et l’Aviation civile américaine (FAA) travaillent main dans la main afin d’ouvrir le ciel américain aux aéronefs pour favoriser les « vols de routine » de drones commerciaux au-dessus des populations en milieu urbain comme rural. Comme l’affirme la secrétaire aux transports des Etats-Unis Elaine Chao :

Cette libéralisation doit permettre d’engranger les bénéfices économiques considérables que laisse entrevoir cette industrie en pleine croissance et continuer à faire de notre pays un leader technologique mondial.

L’Aviation civile américaine (FAA) qui a également adhéré au projet a précisé toutefois que :

Le défi consiste à maintenir un équilibre entre la nécessité de contenir les risques auxquels sont exposés les autres aéronefs mais aussi le public et l’obligation de ne pas bloquer l’innovation.

Aussi, la vraie question est :

Sommes-nous préparés à la révolution des drones ? Sur le plan des lois, sur le plan éthique ?

Devons-nous en avoir peur ?

Que devons-nous faire pour rendre ces drones du futur plus intelligents ?

Et finalement, les rendre intelligents, n’est-ce pas aussi prendre le risque que la machine remplace l’homme ?